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03/08/2006

LES DEBUTS DU FOOTBALL EN FRANCE

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Les débuts du football en France
C'est en 1872 que les Anglais du Havre créent une société sportive, le Havre Athletic Club, qui importe le football sur le sol français. C'est l'aumônier britannique du lycée qui recrute : " J'étais en train de faire de la gymnastique, avec des camarades, quand il s'est approché de moi, raconte un des premiers footballeurs de 1872. Il me dit qu'il venait de m'observer et que, costaud comme j'étais, je devrais faire du sport. - Mais, j'en fais, lui dis-je, vous voyez bien. - Non, rétorqua-t-il, vous faites de l'exercice, soit, mais vous devriez pratiquer un sport, un vrai, comme le football ".

Alors ? Sport anglais ou sport français ?
Lorsque le football venu d'Angleterre commence à se développer en France dans les années 1890, les amateurs tentent de lui trouver une origine nationale. L'anglophobie et le nationalisme ambiant sont pour beaucoup dans la volonté non seulement d'une recherche historique mais d'un résultat " français ". On rattache ainsi ce sport à la barette ou à la soule, jeux bien français pratiqués depuis le Moyen Age, qui seraient passés en Angleterre et qui nous reviendraient…
En fait, la tradition de ces jeux populaires disparus est perdue, leurs règles précises inconnues. Bien sûr, il y a une balle : ballon de bois ou bien de cuir rempli de foin ou de son. Bien sûr, il y a deux camps : deux paroisses ou bien les hommes mariés contre les célibataires. Mais les quelques descriptions du jeu qui nous soient parvenues rapprochent davantage ce jeu d'un rugby (en plus violent) que du football. Le football nous vient bien plutôt de collèges anglais qui, comme à Eton en 1849, n'ont pas de terrain herbeux et imposent un jeu ne provoquant pas de chutes trop fréquentes. L'usage des mains pour porter le ballon et arrêter l'adversaire est proscrit, des règles unifiées en 1863. Ce nouveau sport gagne très rapidement les couches populaires de la société anglaise.

Un sport d'amateurs ou de professionnels ?
En Angleterre, le jeu est pratiqué par tous. Et comme les jeunes salariés ne peuvent pas compter sur une fortune personnelle pour s'absenter de leur travail et payer leurs frais de déplacement, les associations mettent très tôt sur pied un système de distribution de parts de recettes, pour que tous puissent le pratiquer. Le football devient même, pour certains bons joueurs anglais des années 1880, une véritable profession.
En France, dès le début, on refuse le professionnalisme, exigeant ce que l'on appelle une pratique désintéressée d'amateurs. Les fédérations qui se créent confirment cet état d'esprit. Pourtant, il ne s'agit guère d'un refus de voir l'argent se mêler au sport, mais d'un refus du " populaire " : le sport, selon les premiers clubs français, doit rester le privilège des élites. Or qui donc peut pratiquer ce sport à l'adolescence à une époque où le travail commence pour la plupart à douze ans ? Quels joueurs peuvent financer des déplacements en France, voire en Europe pour les championnats ? Les jeunes gens issus des familles très aisées et eux seuls. Même les moniteurs de sports sont automatiquement écartés (car ils vivent du sport !). Ce n'est qu'en 1929 que l'on admettra, par la force des choses, le statut de joueur rétribué.

A vec ou sans public ?
Aujourd'hui, la question de la présence du public lors des matches de football peut paraître saugrenue. Pourtant, au début, les rencontres n'avaient d'autre but que de permettre aux joueurs de se mesurer et de s'amuser. Bientôt, quelques centaines de curieux commencent à y assister (des chiffres sans commune mesure avec ceux d'Angleterre, où 100 000 spectateurs suivent une finale en 1901). Toujours soucieuses d'élitisme, les associations sportives tentent de limiter les spectateurs : " Une foule peut se livrer à des manifestations bruyantes donc vulgaires " (in Les archives du foot, Alfred Wahl) et " l'emballement inopportun du public menace de perpétuer à jamais les grosses fautes de tactique ". Un journal sportif propose même en 1895 que les places soient payantes, mais pas trop, pour que les spectateurs ne soient pas incités à préférer les matinées théâtrales… Bref, seuls les connaisseurs, issus des bonnes familles, sont les bienvenus.
Un optique restrictive qui n'est plus aujourd'hui celle de la FIFA : elle a conclu cette année, pour la coupe du monde, des accords dans 200 pays, auprès de 240 télévisions, 220 radios et une cinquantaine de sociétés de téléphonie…


Texte : Marie-Odile Mergnac

01/08/2006

LES PREMIERS BAINS DE MER

medium_1964_avec_brice_souera_kdima.jpgPendant longtemps l’idée de prendre plaisir à se baigner semblait saugrenue. La mer était une ennemie, au mieux une indication thérapeutique. Les bains de mer ne deviennent à la mode qu’au XIXe siècle.

La mer, mauvaise et mangeuse d’hommes…

Peuplée de monstres, labourée de tempêtes, la mer fait peur depuis des millénaires. Le Moyen Âge imagine l’océan comme une frontière du monde, la peste arrive par les bateaux, les naufrageurs rôdent sur les côtes, les pirates et les orages en pleine mer, la mort est partout. Les villages en bord de côtes sont souvent plus agricoles que marins. « Il y a trois sortes d’hommes, écrivait Victor Hugo, les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer ». Personne n’apprenait à nager, pas même les matelots : pourquoi s’épuiser à nager en cas de naufrage à une époque où, faute de radio, personne ne vient à votre secours…

La mer, c’est bon pour les malades !

Le seul bon côté de la mer, en dehors bien sûr de la nourriture qu’elle offre, ce sont les vertus que lui prêtent les médecins. Au XVIe siècle, on prescrivait les bains de mer contre la rage ! Les malheureux malades se voyaient délivrer un certificat pour obtenir le libre passage aux frontières de Bretagne ou du Poitou et gagner l’Atlantique à temps…
L’idée que les bains de mer sont, plus largement, bons pour la santé de tous et qu’ils vivifient le corps naît au XVIIIe siècle en Angleterre. Les Français de la bonne société imitent bientôt les Anglais. Le premier établissement de bains de mer en France se crée, en face des côtes anglaises bien sûr, à Boulogne, en 1790. Le phénomène s’amplifie après les troubles de la Révolution et de l’Empire, dans les années 1820.

L’essor des villes balnéaires au second Empire

L’essor véritable date du second Empire, car un réseau ferré tout neuf s’étend en France et gagne les côtes. Période faste pour les plages ! Bien sûr, on continue à parler médecine, les vertus thérapeutiques de l’air iodé sur les enfants malingres sont confirmées en 1861, l’impératrice Eugénie inaugure un « hôpital maritime » en 1869 (on parlerait aujourd’hui de thalassothérapie)… mais on vient désormais aussi par plaisir.

D’abord un tourisme chic

Ces premiers touristes ne savent pas nager. Pas question de s’éloigner du bord : on se trempe tout habillé, en marchant dans la mer. Pas question non plus de bronzer, c’est vulgaire ! On s’abrite du soleil sous des ombrelles, on garde son chapeau et on ne reste que peu de temps sur la plage : tennis, casinos, belles villas ou stades hippiques offrent d’autres distractions.
Les plages du Pas-de-Calais sont les premières à prendre leur essor : Boulogne (qui passe de 7 800 habitants en 1801 à 46 000 en 1898), Wimereux, Berck, Le Portel… Les côtes normandes suivent, car elles sont proches de Paris (le train ne va qu’à 60 km/h au mieux) : Deauville est créée par le duc de Morny (demi-frère de Napoléon III) dans les années 1860 sur des marais sableux, Cabourg attire aussi la bonne société, suivent Houlgate, Dives, Merville-Franceville…
En Loire-Atlantique, Pornichet reçoit ses premiers hôtes vers 1860, Camille Flammarion y lance une « plage des libraires » qui reçoit le monde littéraire. Quant à La Bôle, devenue La Baule, réservée d’abord aux malades, elle attire bientôt la société la plus en vue, organise des fêtes et des courses (hippiques d’abord, automobiles à partir des années 1920).
La côte atlantique devient ainsi touristique au fur et à mesure de l’avancée des voies ferrées. Dans les Pyrénées-Atlantiques, c’est l’impératrice Eugénie qui lance la mode, car la côte basque lui rappelle ses souvenirs d’enfance. À partir de 1854, elle fait de Biarritz la station balnéaire la plus chic du monde, où les maharadjahs côtoient les princes et les rois !
La Côte d’Azur, lancée par les Anglais (toujours eux !) à la fin du XIXe siècle plus la Bretagne suivent à leur tour.

Quand on se met à nager…

Au XXe siècle, ceux qui viennent sur les plages se mettent à nager… dans des maillots de bains ressemblant à des robes arrivant à mi-mollet pour les dames, des maillots et caleçons longs pour les hommes car il n’est pas question que la vue des baigneurs puisse choquer les passants !
Enfin, les congés payés, en 1936, permettent à une population élargie de venir « voir la mer » et profiter des plages. Mais ceci est une autre histoire…

Texte : Marie-Odile Mergnac

 
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